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Veuillez utiliser cette adresse pour citer ce document : https://hdl.handle.net/20.500.12177/13614
Titre: Analyse des défis d’accessibilité de la prothèse chez les patients amputés du membre inférieur à Yaoundé
Auteur(s): AMPOAM, Jean-Christophe Amadou
Amadou
Directeur(s): Pr ESSI, Marie-José
Mots-clés: Amputation du membre inférieur ;
Défis d’accessibilité prothétique ;
Yaoundé-Cameroun
Date de publication: 26-jan-2026
Editeur: Université de Yaoundé I
Résumé: Introduction : L’amputation du membre inférieur (MI) constitue un problème majeur de santé publique en raison de ses conséquences fonctionnelles, économiques et psychosociales. Elle est principalement due aux complications vasculaires, aux traumatismes et aux infections. Malgré les bénéfices reconnus de l’appareillage prothétique sur la mobilité, l’autonomie et la réinsertion sociale, l’accès effectif à la prothèse reste limité dans les pays à ressources contraintes, notamment au Cameroun, avec un taux d’appareillage estimé entre 12 et 15%. Cette situation s’observe dans un contexte où les coûts directs et indirects de l’appareillage, le manque de centres spécialisés, ainsi que les difficultés d’accompagnement freinent l’accès aux soins prothétiques. Il est impératif de rechercher les insuffisances du système de prise en charge et d’accompagnement prothétique des AMI. Objectif : Analyser les défis d’accessibilité à la prothèse du MI à Yaoundé à travers la description du profil clinique des patients AMI, l’évaluation de leur perception des différents types d’appareillage qui leur sont offerts et l’acceptabilité prothétique. Méthodologie : Il s’agissait d’une étude transversale descriptive à visée analytique conduite à Yaoundé à l’hôpital général de Yaoundé et en communauté. La collecte des données s’est déroulée du 5 février au 11 mai 2026 à l’aide d’un questionnaire structuré comportant 72 items. L’analyse a été effectuée avec IBM SPSS (Statistical Package for Social Sciences) version 31 ; avec une présentation des résultats sous forme de tableaux et graphiques. La mesure d’indépendance des variables était effectuée pour un intervalle de confiance de 95% et une marge d’erreur α de 5%. Résultats : L’étude a inclus 180 patients AMI, 60% de sexe masculin, avec un âge moyen de 52,5 ± 21,3 ans ; 53,33 % avaient plus de 60 ans. 54,44% des amputations étaient transtibiale suivies des amputations transfémorales (42,22%), avec 62,22% d’étiologies vasculaires suivies de 26,67% traumatiques. Les patients amputés en transtibial ont 2 fois plus de chances d’être appareillés. La douleur fantôme et la douleur du moignon concernaient respectivement 75 % et 65 % des patients. Les patients ayant réalisé au moins 10 séances de rééducation avaient 31 fois plus de chance d’être appareillés (P<0,001). Une augmentation du nombre de séances était également associée à une diminution des douleurs fantômes et du moignon (P<0,001). De plus, les patients appareillés présentaient moins de douleurs post-amputation (OR=0,18 et OR=0,25). Concernant la perception de l’appareillage, 94,44 % estimaient qu’elle améliorait la marche, 85,56 % qu’elle réduisait la dépendance et 80 % qu’elle améliorait la mobilité. Par ailleurs, 72 % considéraient le poids de la prothèse comme un obstacle et 51% rapportaient des défaillances mécaniques. 80 % rapportaient une amélioration de l’image corporelle et 68 % une amélioration de l’estime de soi. Ces paramètres étaient significativement associés à l’âge, avec des profils plus favorables entre 30 et 60 ans (P<0,001 ; P=0,003). Les patients en couple présentaient davantage d’amélioration de l’image corporelle et de la motivation (OR=2,6 ; OR=3,3). Une mobilité perçue moyenne ou élevée augmentait respectivement de 6 et 20 fois les chances d’amélioration de l’estime de soi et de l’image corporelle (OR=6,4 ; OR=20,7). Sur le plan logistique, 53 % des patients avaient dû se déplacer vers une autre ville pour l’appareillage et 37 % rapportaient que l’indisponibilité du transport limitait l’accès à la rééducation ; le transport disponible était associé à 3,66 fois plus de séances de rééducation (P<0,001) et une réduction de 64% de difficulté d’accès à la prothèse (P=0,02). Sur le plan financier, 81,6 % considéraient le coût initial comme un obstacle majeur, et les patients ayant une situation économique faible voire très faible avaient 6 fois plus de risque de le considérer comme une barrière (P<0,001). Les principaux obstacles identifiés restaient financiers (64 %), géographiques (23 %) et informationnels (8 %). Conclusion : Les défis d’accessibilité à la prothèse chez les AMI à Yaoundé sont d’ordre financier, clinique, logistique et aussi liés à la perception de l’offre. Ils concernent l’insuffisance de couverture financière ainsi que le coût de la prothèse et de sa maintenance, le niveau d’amputation, l’accès à la rééducation et le nombre de séance, la douleur post-amputation, les contraintes de transport et d’accès aux services de suivi et de réparation. A cela s’ajoutent les problèmes de poids prothétique et d’entretien. Nous recommandons de renforcer la couverture financière, la rééducation et le suivi technique des prothèses, d’intégrer un accompagnement psychosocial et administratif plus soutenu dans le parcours prothétique.
Pagination / Nombre de pages: 101
URI/URL: https://hdl.handle.net/20.500.12177/13614
Collection(s) :Thèses soutenues

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